Après avoir responsabilisé la communauté internationale de ce qui se passe en Haïti, le Secrétaire Général de l’Organisation des États Américains (OEA), Luis Almagro lors d’une entrevue accordée au journal américain « Miami Herald », a déclaré qu’un retour des Casques bleus de l’ONU et une nouvelle constitution haïtienne sont encore plus nécessaires aujourd’hui.

Selon le Secrétaire général de l’OEA, la fin de la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a ouvert la voie aux gangs armés qui, aujourd’hui, ont déjà causé la mort d’une centaine de personnes. Cependant, aborder le retour des casques bleus de l’ONU en Haïti pour un retour à la paix, mérite des rappels, vu les allégations d’exploitation et d’abus sexuels des casques bleus de l’ONU, plus de quinze ans de cela.

ONU : Scandales sexuels et allégations d’exploitation.

L’ été 2017, une équipe de chercheurs menée par Sabine Lee (Université de Birmingham) et Susan Bartels (Université de Toronto) a interrogé environ 2500 Haïtiens concernant les rapports entretenus entre des Haïtiennes et les Casques bleus. Plus de 10% des personnes interrogées – 265 au total – ont évoqué des cas d’enfants engendrés par le personnel des Nations Unies, puis laissés à l’abandon. Ces bébés sont souvent le fruit de relations pas toujours consenties. Les casques bleus ont profité de la misère que vit les Haïtiens pour négocier des faveurs sexuelles en échange d’un repas, confirme l’enquête.

La MINUSTAH, que regrette le Secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, est l’une des missions onusiennes les plus controversées de l’Histoire et elle a fait l’objet de nombreuses allégations d’exploitation et d’abus sexuels. Entre 2004 et 2007, une enquête d’Associated Press révèle des cas de viols commis par des Casques bleus sri-lankais. Au moins 134 d’entre eux ont exploité neuf enfants. 114 ont été renvoyés chez eux, mais aucun n’a jamais été inquiété par la justice. En 2011, des soldats de la paix uruguayens sont mis en cause, avec une histoire particulièrement sordide où un viol collectif a été filmé par téléphone.

Enfin, l’ONU a admis en 2016 sa responsabilité dans l’épidémie de choléra de 2010 en Haïti. Des Casques bleus népalais ont été mis en cause. L’ épidémie particulièrement meurtrière a provoqué la mort de 10000 Haïtiens, après le tremblement de terre de 2010. Étaient-ils vraiment là pour rétablir la paix?

Néanmoins, la MINUSTAH a aidé la police à rétablir le contrôle de nombreux quartiers de la capitale (Port-au- Prince) autrefois contrôlés par des gangs. La Mission de l’ONU a apporté un soutien technique et de sécurité aux processus électoraux depuis 2004 jusqu’à Octobre 2017.

Potentiel retour des casques bleus, que disent nos politiciens?

La MINUSTAH avec ses scandales sexuels, le Choléra et autres, ont poussé certains politiciens haïtiens à prendre position contre les casques de l’ONU. Eric Jean Baptiste, Moïse Jean Charles pour ne citer que ceux-là, ont catégoriquement dénoncé les casques bleus de l’organisation des Nations Unies (ONU). Toutefois, près de deux jours depuis la déclaration du Secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), sur un éventuel retour des casques bleus de l’ONU, arguant qu’il devrait être une première étape et plus nécessaire aujourd’hui, nos politiciens semblent déjà oublier les scandales onusiens précités.

Certains pensent que les politiciens sont plus intéressés par le pouvoir que le bien être du pays. « Si les casques bleus reviennent, ils (les politiciens) voient des élections, même s’ils n’ont rien à apporter au développement du pays. Le pouvoir c’est tout ce qui les intéresse. Quant à notre vie et notre bien-être, ils s’en foutent.)» pense un citoyen. On se demande, la solution à la situation actuelle d’Haïti, est-ce les casques bleus de l’ONU l’apporteront ? À quoi pouvons-nous nous attendre ? Enfin, la situation actuelle est chaotique, une solution immédiate et surtout en faveur du peuple haïtien est pressante et nécessaire.

Wallace Elie.

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