Par Nesny Ridge PIERRE LOUIS

Depuis plusieurs jours, la déportation de nos compatriotes haïtiens fait la une des journaux nationaux et internationaux. Pour certains, la manière dont on a procédé est inhumaine et pour d’autres, c’est une preuve qu’on est loin d’être l’ami de la première puissance mondiale comme à l’habitude, nos politiciens, de l’insinuer. Qu’est-ce qui explique cette vague de déportations dans le pays ces jours-ci ? N’est-ce pas le résultat du flux migratoires des années antérieures ?

Après le tremblement de terre d’Haïti en 2010, le nombre de nos compatriotes émigrés vers différents pays du continent a augmenté en raison surtout de la grave crise humanitaire qu’éprouvait le pays. Ainsi, outre les flux traditionnels vers les Etats-Unis, le Canada et la France (y compris ses territoires caribéens), on a observé au cours de ces dernières années une nouvelle destination : l’Amérique du Sud, notamment le Brésil, suivi par le Chili et l’Argentine. Au début de ce flux migratoire, une étude effectuée par l’organisation internationale pour la migration (OIM) révèle que 85 000 migrants haïtiens sont entrés au Brésil, au Chili et en Argentine entre 2014 et 2015. Une somme, d’après plus d’un, a touché son pic avec plus d’un Millions dans ces régions de 2010 à 2020. 

Quels sont les facteurs de la migration ?

Les grands classiques de la sociologie et de l’économie comme, Comte, Dürkheim, Weber, Marx, Smith, pour n’en nommer que quelques-uns, ont marqué le domaine des sciences sociales, mais leurs contributions au champ migratoire sont demeurées clairsemées. Ainsi dire, le cadre théorique de ce concept n’est pas trop enrichissant. Ce n’est qu’en 1987, le texte d’Alan Simmons, qui selon plus d’un est considéré comme le pionnier, dans la mesure où il vise à mettre de l’ordre dans les définitions et les typologies et surtout à restituer les théories migratoires dans leurs contextes historiques. Il suggère trois paramètres comme fondements pour définir la migration : le changement de résidence, le changement d’emploi et le changement de relations sociales. En général, la migration est définie essentiellement selon le premier critère, à savoir le changement de résidence, c’est-à-dire un changement qui peut être effectué à l’intérieur même du pays ou ailleurs, comme par exemple : les habitants de Martissant, Bel Air émigré dans d’autres quartiers pour des raisons de sécurité. D’autre part, nos compatriotes qui émigrent vers l’Amérique du Sud dans les années antérieures pour des raisons diverses.

 La suggestion novatrice de Simmons d’en élargir la définition s’impose de plus en plus, en particulier dans les recherches centrées sur les facteurs macro-structurels. Il note également une importante fragmentation du domaine, due au fait que les théories couvrent des types de migrations spécifiques que les explications relèvent de contextes sociaux et historiques déterminés. Elle concerne surtout la distinction entre les causes et les effets des migrations, qui a dominé les recherches migratoires. Mais elle touche également les niveaux d’analyse, que ce soit le niveau micro, macro ou méso. Ainsi dire, les causes des migrations sont multiples : d’ordre politique, économique, social, culturel. Ces causes se croisent et se renforcent. Si une personne quitte son pays, sa famille, ses proches, sa culture, ce n’est pas uniquement pour une seule raison et ses principaux facteurs sont entre autres : une croissance économique faible, une répartition inégale des revenus, la surpopulation liée à une forte croissance démographique, des taux élevés de chômage, les conflits armés et les épurations ethniques, les violations des droits de l’homme, les persécutions, les bouleversements environnementaux, la mondialisation qui multiplie échanges et rencontres et bouscule les espaces et les imaginaires, les reconfigurations géopolitiques, les nouvelles zones de conflits, un faible niveau de gouvernance.

Par ces facteurs, nous pouvons dire, qu’on peut être immigré au sein même de notre pays et ça nous pousse à questionner, pourquoi ce silence sur les réfugiés de la croix-des-bouquets, Martissant, Bel Air ? Quelle est la différence entre les traitements que nos dirigeants donnent à ces immigrés et ceux que reçoivent nos compatriotes au Texas ?

La réalité des réfugiés des quartiers populaires.

Depuis la fédération de certains gangs dans le pays, on a pu observer une séparation de la ville dans plusieurs points essentiels de la capitale : à croix des bouquets, à bel air et depuis belle lurette à Martissant. Ces gangs importants, qui ont été fédérés sur la direction de nos dirigeants étatiques par le biais de la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et Réinsertion CNDDR, sèment la terreur et instaure ainsi un climat de peur qui oblige à plusieurs centaine de personne d’émigré, soit dans d’autres zone ou dans des camps de réfugié telle le cas dans le centre sportif de carrefour.

Par ailleurs, Pendant d’un côté certains de nos frères et sœurs tente d’émigrer vers les Etats-Unis par tous les moyens et même au péril de leur vie, ici en Haïti, plusieurs d’entre nous vivent des situations pareil et même plus chaotique sous les yeux de nos dirigeants et la complicité des pays dite ami d’Haïti.

Selon le Nouvelliste, Marvens, 11 ans, qui est au centre sportif de Carrefour depuis deux mois, déclare : Au début, je trouvais à manger sans avoir à me battre. Aujourd’hui ce sont les plus forts qui accaparent la nourriture et les dons.

Toujours selon le quotidien, Roseline François, 24 ans, et mère d’un petit garçon de 5 mois dont le père a été tué à Martissant 23 au tout début des affrontements entre gangs est là depuis deux mois au centre sportif de Carrefour et ne pensait pas habiter cet endroit pendant tout ce temps. Son compagnon a été tué sous ses yeux avant que les hommes armés ne mettent le feu à leur maison. Elle rapporte qu’elle est au centre depuis la nuit du 3 juin et pensait passer quelques jours avant d’entrer chez lui mais elle ne sait pas s’ il a encore une maison à Martissant puisqu’elle n’a jamais retourné.

Une situation qui n’était pas différente pour les plus de 215 familles qui vivaient chez les pères de Solino, depuis plus de 9 mois, sans eau potable, ni latrine, ni infrastructure, ni sécurité. Et encore pire, c’est famille ont passées un véritable calvaire là, au cours du période pluvieuse. Ces réfugiés étaient les déplacés du Bel-Air, suites aux différentes attaques du gang ̋ crache Dife ̋, membre du groupe ˝G9 an fanmi e alye˝, dans le but de chasser un autre gang local pour le contrôle de territoire, selon Mag Haiti.

Ces personnes sont livrés à eux même, nos dirigeants font peu de cas d’eux pourtant parmi eux des enfants, des personnes à mobilité réduite, des personnes âgées à la recherche d’un autre lieu de résidence ou un endroit pour se réfugier. Une situation presque identique à celle de nos frères qui traversent l’Amérique du sud pour arriver aux États-Unis.

La nécessité de penser une autre Haïti.

Au cours de l’histoire de notre pays, nous avons connu plusieurs moments sombres : l’esclavage, la dictature, l’occupation, etc. en dépit de tout, nous avons toujours pu résister et vaincre a ses situations difficiles. En 1986, après plus de 30 ans de dictature nous avons combattu, résisté aux tontons macoutes et aux régimes papa et baby doc, et pu mettre fin à ce régime sanguinaire. De plus, à deux reprises nous avons mis en déroute le projet de l’impérialisme en luttant contre les occupations américaines. Et enfin, en 1803, nos ancêtres ont lutté et vaincu contre la plus grande armée de l’époque ce qui fait qu’on soit libre aujourd’hui nos chaînes de l’esclavage. Une liberté qui devient hypothétique ou même précaire, vis à des choix qu’on avait faits et qui nous a coûté, selon des dires, les périodes douloureuses que nous traversons en ce moment.

Pendant ces périodes, dictature, coloniale, occupations, nos grands parents ont pu résister aux atrocités que procurent leurs bourreaux à leurs égards. En dépit de tout, ils n’avaient d’autre choix, que nous pensons avoir aujourd’hui au lieu de lutter pour que ça change. Et ont mené un combat assidu pour mettre fin à ces périodes douloureuses. Par contre, nous, après plus de deux siècles d’indépendance, décidons de laisser, de préférence, le pays pour d’autres horizons au lieu de nous unir pour faire face à la réalité et d’en apporter nos contributions aux changements.

Certains de nos frères ont vendu leurs maisons dans leurs pays de résidence pour pouvoir faire quelque 8462 km, la plupart à pied pour s’y rendre aux États-Unis. et  d’autres ont passé plus de 5 ans à économiser pour effectuer ce trajet extrêmement dangereux. Des sommes, qui pourraient leur donner une meilleure condition de vie en Haïti. Selon eux, le pays est invivable, particulièrement avec l’insécurité qui bat son plein,  et c’est pour cette raison qu’il préfère quitter d’abord, et prendre la route ensuite, au lieu de penser retourner en Haïti. Mais, qui a la responsabilité de changer le pays ? N’est-ce pas nous ? Comment quelqu’un peut laisser son toit à cause des problèmes qu’il aurait dû arranger pour s’installer ailleurs ?

Imagine toi, ton grand père est mort, mais après beaucoup d’années de travail et calamite vous a légués une maison, dont toi et ta famille habitez. Après quelques années, effectivement, sans réparations elle endommagerait et dû et des réparations, donc vous avez pour obligation de la réparer pour vivre et non la laisser à cause de l’endommagement. C’est ce qui se passe exactement en Haïti avec nos compatriotes, ils ont préféré quitter leur  propre territoire au lieu de  s’unir envi de réfléchir, lutter pour que ça change ici.  Avec ces plus de 500 000 haïtiens qui quittent le pays ces dernières années, c’est autant de tête et de bras changement qui nous a laissé. Avec eux, la résistance serait plus résistante, la révolte serait plus révoltante et le changement serait plus évident.

Nos ancêtres l’avaient fait au péril de leurs vies et nous a laissé cet héritage qui est notre beau pays, mais nous nous contentons de laisser des dirigeants corrompus, sans vergogne, sans scrupules,  avec la complicité des pays  envieux, irritant comme la France, le Canada, les États-Unis de s’initier jusqu’au fond dans les affaires internes du pays et nous fait succombé. Je me demande pourquoi ne pas rester chez nous, ici en Haïti ? Si nous n’avions pas d’alternative d’immigrés, n’ aurions -nous pas été plus violents en vue de changer les choses ? Pourquoi une telle passivité ?

En ce moment, comme l’ont fait nos prédécesseurs, nous avons besoin de nous unir beaucoup plus serré qu’eux. L’union qui peut nous libérer du joug de l’impérialisme. L’union qui peut mettre fin à nos martyrs et fait rehausser notre image, dignité, valeur étant la première nation négre libre. L’union qui permettra qu’on fasse le take off ou de préférence le décollage, qui consistait l’une des étapes essentielles du développement d’après Rostow. Nous devons profiter de ce moment pour y remédier, oui, ensemble nous pouvons.

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19 thoughts on “Un autre regard sur le phénomène migratoire Haïtien”
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