Depuis plusieurs mois, le quartier de Martissant est devenu un lieu de guerre entre gangs armés qui opèrent impunément sur la nationale #2. Les bandits, équipés d’armes automatiques se sentent confortables et s’installent tranquillement dans ce quartier qui, d’antan, était une zone résidentielle très paisible. Ces faiseurs de lois qui n’ébranlent pas devant personne, tuent, pillent, violent et brûlent tout ce qu’ils trouvent sur leur passage. À force d’être bien installés, ces bandes armées ne cessent pas d’exhiber leurs matériels de combat et coupent la capitale haïtienne avec les quatre autres départements du grand Sud, y compris une bonne partie de celui de l’Ouest.  Ils défient les forces de l’ordre à longueur de journée. Comme preuve, ils chassent à maintes reprises des policiers aux différents sous-commissariats de leur zone d’opération et verrouillent les portes de ceux-ci.

Impuissante face aux assauts des gangs à Martissant, la PNH n’a plus, depuis plusieurs années, son autonomie d’intervention sur toute l’étendue du territoire national. Si tant est  que l’on veuille comprendre cette situation,  il faut se référer aux habitants de Martissant qui ont dû fuir leurs maisons à cause la guerre des gangs pour se réfugier sur des places publiques, des centres sportifs ou chez des proches et amis. Très efficace pour faire  les répressions sur des manifestations citoyennes, mais toujours incapables de mener une opération pouvant mettre les bandits hors de d’état de nuire dans les quartiers  populaires notamment à Martissant où les gangs règnent en maîtres et seigneurs. Entretemps, les usagers du tronçon routier menant vers le grand Sud et une bonne partie du département de l’Ouest sont livrés aux balles assassines des bandits quotidiennement. Ce qui fait que traversé Martissant est devenu un pari très risqué et même perdu d’avance certaines fois.

Rares sont les journées où les habitants de Carrefour, de Gressier, de Léogaâne et du reste du grand Sud qui tentent de se rendre au centre-ville  de Port-au-Prince ne sont pas pris pour cibles par les malfrats munis d’armes de guerre.  Au cours de ces derniers mois, ils sont nombreux les personnes tombées sous des projectiles assassins de ces bandits à l’entrée Sud de Port-au-Prince. Ce qui est plus révoltant dans la situation, c’est que les proches des citoyens victimes n’ont pas pu, dans la grande majorité des cas, récupérer leurs corps pour les enterrer. Ce, à cause des concerts de balles des malfrats qui n’entendent pas chômer dans leurs activités criminelles permanentes. Les chairs de ces personnes assassinées tragiquement au cours de leur passage à Martissant sont servis de nourriture à des omnivores, notamment  des chiens et des cochons.

Devant  une telle situation, aucune autorité étatique n’est pas révoltée. Les hauts fonctionnaires de l’État dont le premier ministre, les ministres, les directeurs généraux et autres continuent de vaquer à leurs activités comme si de rien n’était. Et la population est pour sa part, livrée à elle-même et tente d’inventer par tous les moyens des formules pour s’adapter aux nouvelles réalités auxquelles elle fait face au quotidien. Le climat d’insécurité qui sévit en Haïti notamment à Martissant, est la preuve probante que l’État d’Haïti n’existe que de nom.  S’il est venu le moment d’évoquer quelqu’un qui détient le monopole du pouvoir dans ce pays, il faut justement faire référence aux gangs armés. Car, ce sont eux qui peuvent définir quand ils doivent bloquer telle ou telle zone ou bien quand ils doivent observer une trêve et faciliter l’accès aux certains tronçons de routes reliant Port-au-Prince et les autres villes de province.

Marc Wisly HILAIRE

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