Le Président Jovenel Moïse, dans un numéro spécial du journal officiel de la République, Le Moniteur en date du 26 novembre 2020, a créé par décret l’« Agence nationale d’intelligence » (ANI). Cette structure a pour mission la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de renseignements et de contre-renseignements, les agents de l’ANI disposent de superpouvoirs. Dans l’exercice de leurs fonctions, ils doivent rendre compte uniquement au Président de la République.

La classe politique haïtienne et une frange de la communauté internationale s’étaient exprimées sur cette structure qui pour elles représente un danger pour l’avenir de la démocratie en Haïti.

Quelles sont les attributions de l’ANI?

L’Agence nationale d’intelligence (ANI) a pour attributions:

  • de collecter et traiter les informations intéressant la sécurité nationale et la protection des intérêts fondamentaux de la nation;
  • de collecter, traiter et gérer l’information et les renseignements visant le renforcement de la sécurité intérieure et extérieure, la sauvegarde de l’intégrité du territoire de la République, entre autres.

L’ANI inefficace.

Depuis plusieurs mois, Haïti est plongée dans une crise sans pareille. L’insécurité reste et demeure une préocupation pour chaque haïtien, la classe politique et la communauté internationale. Des milliers de citoyens haïtens sont tombés sous les griffes des gangs armés à Martissant, Cité Soleil, Croix-des-Bouquets comme dans plusieurs autres villes de province du pays.

La dernière personne en date à être assassinée qui crée un émoi, Jovenel Moïse, le 53ème Président de la République d’Haïti à l’âge de 53 ans. Selon les premiers éléments de l’enquête, des mercenaires colombiens et haïtiano-américains ont fait irruption dans sa résidence privée à Pélerin 5, sous les yeux de sa femme Martine Moïse, ils l’ont torturé et criblé de balles.

Selon les informations diffusées par les autorités colombiennes, certains de ces mercenaires ont été sur le sol haïtien depuis trois mois, armes en mains, sécurisent des particuliers jusqu’à ce qu’ils exécutent le président de la République.

L’ANI comme organe étatique ayant pour mission d’informer le chef de l’État sur la sécurité du territoire a été et est inexistante jusqu’à cette présente minute. Toutes les informations sur l’attaque ayant conduit à la mort du Président proviennent des autorités colombiennes. Pour les soutenir dans l’enquête, les autorités haïtiennes concourrent à l’expertise de la FBI, preuve de la faiblesse de l’institution fraîchement créée par la victime elle-même.

L’assassinat de Jovenel Moïse montre à quel point les institutions sont défaillantes en Haïti. Elles restent coincées entre deux murs où seule la politique politicienne prime, quelques fois elles servent d’organes de représailles.

L’Agence Nationale d’Intelligence dans tous ses compartiments doit être mise en question et réorientée vers de nouveaux objectifs pour une Haïti protégée.

Ludy Barbson JEAN MARIE

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